Guerre en Ukraine

Volodymyr Zelensky annonce le départ de la première ministre Ioulia Svyrydenko et remanie le gouvernement

Moins d’un an après sa nomination, la cheffe du gouvernement ukrainien est pressentie pour l’ambassade à Washington. Le président réorganise l’exécutif et les organes de sécurité à la veille du sommet parisien de la « coalition des volontaires ».


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Le bâtiment du cabinet des ministres à Kiev, siège du gouvernement ukrainien
Le siège du gouvernement ukrainien, à Kiev. Volodymyr Zelensky a annoncé, le 12 juillet 2026, un renouvellement complet du cabinet. (Image d’illustration générée par IA.)Illustration générée par IA — Étude

C’est à la veille d’un rendez-vous diplomatique majeur que Volodymyr Zelensky a choisi de rebattre les cartes. Dimanche 12 juillet, dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le président ukrainien a annoncé le départ de la première ministre Ioulia Svyrydenko et un remaniement en profondeur du gouvernement, qui s’étendra jusqu’aux directions des organes chargés de l’application de la loi. Lundi, quelque vingt-cinq chefs d’État et de gouvernement de la « coalition des volontaires » se retrouvent à Paris pour discuter du soutien à Kiev.

« L’Ukraine change de stratégie politique », a écrit M. Zelensky, qui présente l’opération moins comme un désaveu de ses ministres que comme une réorganisation de l’État autour de la diplomatie.

« Chaque direction prioritaire de la politique étrangère sera confiée à une personnalité dotée d’une solide expérience, capable de mettre en œuvre les accords conclus au niveau des dirigeants et de répondre aux attentes des Ukrainiens. »

Le président affirme avoir discuté du projet avec l’intéressée : tous deux seraient convenus que cette réorientation « exige un renouvellement du cabinet des ministres ». Aucun calendrier n’a été avancé. La Constitution ukrainienne veut que la démission de la cheffe du gouvernement entraîne celle de l’ensemble de l’équipe, qui expédie les affaires courantes jusqu’à la confirmation d’une nouvelle ; à la Rada, la fraction présidentielle Serviteur du peuple doit examiner ces questions de personnel dans la semaine.

Le scénario de Washington

M. Zelensky a salué « le travail clair, constant et efficace » de sa première ministre et lui a proposé de prendre la tête d’« un domaine nouveau et important des relations avec un partenaire clé ». Il n’a pas nommé ce partenaire ; à Kiev, personne n’en doute. Selon le député d’opposition Iaroslav Jelezniak, Mme Svyrydenko devrait devenir ambassadrice aux États-Unis. « Cela signifie qu’elle quittera le poste de première ministre et que l’ensemble du gouvernement sera remanié », a-t-il commenté.

L’intéressée a confirmé sa démission quelques heures plus tard. « Je suis fière d’avoir eu l’honneur de diriger le gouvernement pendant l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire moderne de l’Ukraine », a-t-elle écrit, se disant prête à continuer de servir l’État.

Nommée en juillet 2025, à 39 ans, cette ancienne ministre de l’économie s’était imposée sur la scène internationale en négociant, au printemps 2025, l’accord sur les minerais et la reconstruction conclu avec Washington — le texte qui a arrimé l’intérêt économique américain à l’avenir de l’Ukraine. L’envoyer à l’ambassade de Washington reviendrait à confier la relation la plus stratégique de Kiev — les armes, l’argent, un éventuel règlement du conflit — à celle qui en connaît le mieux les dossiers.

Une succession ouverte, un pouvoir resserré

Aucun successeur n’a été désigné. Dans les couloirs de la Rada et la presse ukrainienne, trois noms circulent : Denys Chmyhal, ministre de l’énergie et prédécesseur de Mme Svyrydenko, chef du gouvernement de 2020 à 2025 — une longévité record depuis l’indépendance —, Mykhaïlo Fedorov, ministre de la défense passé par la numérisation de l’État, et Serhiï Koretskyï, patron de la compagnie énergétique publique Naftogaz.

Le Parlement, qui a validé toutes les nominations présidentielles depuis le début de l’invasion, ne devrait pas faire obstacle. Élections suspendues par la loi martiale oblige, ce deuxième remaniement en moins d’un an redistribue les postes au sein d’un cercle restreint de fidèles plutôt qu’il ne l’élargit — ce que les détracteurs du président dénoncent comme une concentration du pouvoir, et que ses partisans défendent comme la condition d’un État qui fonctionne sous les bombes.

Convertir la résilience en accords

Les priorités énumérées par M. Zelensky sont précises : concrétiser les accords conclus avec les alliés sur la production de systèmes antiaériens Patriot, faire avancer l’adhésion à l’Union européenne, approfondir les partenariats avec les pays du Golfe. Le calendrier l’est tout autant : lundi, à Paris, la « coalition des volontaires » — désormais forte de trente-sept pays — réunit ses dirigeants aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du président du Conseil européen, António Costa, autour de la flotte fantôme russe, des nouvelles capacités militaires pour l’Ukraine et de la mobilisation de l’industrie de défense européenne.

Le moment, enfin, n’est pas neutre. Les évaluations occidentales décrivent la position ukrainienne comme la plus favorable depuis la première année de guerre : un front quasi immobile depuis des mois, une économie de guerre russe à la peine — le New York Times évoquait dimanche un changement d’équipe « alors que la guerre tourne à l’avantage de l’Ukraine ». La guerre, elle, ne s’interrompt pas : des frappes russes ont tué au moins quatre personnes ce week-end dans les régions de Dnipropetrovsk et de Kherson. Le pari du président est là : transformer, par une équipe vouée à la diplomatie, la résilience du champ de bataille en accords signés — sur les armes, sur l’Europe et, un jour, sur la paix.

Pourquoi Volodymyr Zelensky se sépare-t-il de sa première ministre ?
Le président invoque un changement de stratégie politique : chaque direction prioritaire de la diplomatie — relations avec Washington, adhésion à l’UE, partenariats avec le Golfe — doit être confiée à une personnalité expérimentée, capable de mettre en œuvre les accords conclus entre dirigeants, ce qui exige selon lui un renouvellement du cabinet.
Que devient Ioulia Svyrydenko ?
Elle a confirmé sa démission et s’est vu proposer « un domaine nouveau et important des relations avec un partenaire clé » ; plusieurs élus, dont Iaroslav Jelezniak, la voient nommée ambassadrice aux États-Unis.
Qui pourrait lui succéder ?
Aucun nom n’a été officialisé. La presse ukrainienne et des parlementaires citent le ministre de l’énergie Denys Chmyhal, le ministre de la défense Mykhaïlo Fedorov et le patron de Naftogaz, Serhiï Koretskyï.
Quel est le rôle du Parlement ukrainien ?
La démission de la première ministre entraîne celle de tout le gouvernement, qui expédie les affaires courantes jusqu’à la confirmation d’une nouvelle équipe par la Rada ; la fraction présidentielle doit examiner ces nominations dans la semaine.

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