Une catastrophe à l’échelle de plusieurs régions
Un séisme de magnitude 7,4 fait au moins 21 morts dans l’ouest de la Colombie
Des immeubles se sont effondrés de Cali à Quibdó et six aéroports ont été fermés, tandis que les secours tentaient d’atteindre les personnes ensevelies.

Le séisme a frappé une commune rurale du Chocó, mais c’est toute la géographie humaine de l’ouest colombien qui s’est trouvée ébranlée. Des bâtiments se sont effondrés dans plusieurs grandes villes, des habitants sont restés ensevelis à Cali et le trafic aérien régional a été interrompu. Lundi, en fin d’après-midi en Europe, les premiers bilans communiqués par les autorités locales faisaient état d’au moins 21 morts.
La secousse, d’une magnitude de 7,4, a commencé à 7 h 34, heure locale, soit 12 h 34 GMT. Le Service géologique colombien a situé son épicentre à San José del Palmar, municipalité montagneuse du département du Chocó, et a révisé sa profondeur à 96 kilomètres. L’Institut d’études géologiques des États-Unis a, lui aussi, mesuré une magnitude de 7,4.
Cette profondeur n’a pas empêché les ondes de se propager sur une distance considérable. Le tremblement de terre a été ressenti dans le centre et l’ouest de la Colombie, jusqu’à Bogotá, ainsi qu’en Équateur et au Panama. Aucune alerte au tsunami n’a été déclenchée.
À Cali, l’urgence des personnes ensevelies
La situation la plus pressante s’est dessinée à Cali, métropole d’environ deux millions d’habitants. Son maire, Alejandro Eder, a annoncé l’effondrement d’au moins 20 structures, avec des personnes prises sous les décombres. Il a demandé aux villes de Bogotá et Medellín l’envoi de secouristes supplémentaires.
Les pompiers ont été répartis entre plusieurs sites alors que les autorités recommandaient aux habitants de quitter les immeubles présentant de larges fissures. Des façades se sont détachées et des commerces ainsi que des bâtiments d’habitation ont été lourdement endommagés. À Manizales, une partie d’une tour de la cathédrale néogothique s’est effondrée dans la nef.
Plus près de l’épicentre, les informations restaient parcellaires. Quibdó, capitale du Chocó, a signalé des blessés et d’importants dégâts. L’accès difficile à certaines communes et les problèmes de communication empêchaient encore de mesurer précisément l’étendue de la catastrophe.
« Nous venons de subir un grave événement sismique dans le département du Chocó. Les répliques nous préoccupent. Même si l’épicentre se trouvait à San José del Palmar, il y a des blessés et de graves dégâts aux bâtiments dans la capitale, Quibdó. » — Nubia Carolina Córdoba, gouverneure du Chocó
La perspective de répliques impose une seconde urgence après les sauvetages : identifier les constructions qui risquent de céder. Un édifice encore debout peut être devenu inhabitable, tandis que les rues encombrées de gravats ralentissent les équipes d’intervention.
Un réseau régional momentanément paralysé
L’autorité colombienne de l’aviation civile a suspendu les opérations dans six aéroports, à Pereira, Manizales, Quibdó, Armenia, Cartago et Buenaventura. Les vols ne devaient reprendre qu’après l’examen des terminaux, des pistes et des autres installations susceptibles d’avoir subi des dommages structurels.
Cette fermeture pèse lourdement sur la réponse d’urgence. Dans une région découpée par les cordillères, les vallées encaissées et la forêt, l’acheminement des secours dépend d’un petit nombre d’axes. Les séismes peuvent déclencher des chutes de pierres ou des glissements de terrain, tandis que la mise hors service des aéroports réduit les solutions de remplacement.
Le président Abelardo de la Espriella a ordonné l’installation d’un poste de commandement unifié chargé de coordonner l’évaluation des dégâts et l’assistance. Il a annoncé son déplacement à Pereira, l’une des villes les plus touchées, et demandé à l’organisme national de gestion des catastrophes un relevé détaillé des besoins les plus urgents.
Le souvenir du séisme de 1999
La Colombie se trouve au contact des plaques sud-américaine, de Nazca et caraïbe. Cette configuration explique une activité sismique fréquente, même si l’immense majorité des secousses n’est pas perceptible. Dans l’ouest du pays, la vulnérabilité demeure néanmoins inscrite dans la mémoire collective : le séisme de 1999 avait dévasté Armenia et durement atteint l’axe caféier.
La magnitude ne suffit pas à déterminer le bilan d’une catastrophe. La profondeur du foyer, la qualité des bâtiments, la nature des sols et l’accès aux zones touchées comptent tout autant. Le choc de lundi était profond, mais assez puissant pour endommager des constructions dans plusieurs départements et provoquer des évacuations à des centaines de kilomètres.
Le bilan d’au moins 21 morts doit donc être lu comme une photographie des premières heures. Il repose sur les décès que les autorités locales avaient pu confirmer, alors que les recherches se poursuivaient à Cali et que les communes du Chocó commençaient seulement leurs inspections. L’ampleur humaine et matérielle du séisme ne pourra être établie qu’une fois les zones isolées atteintes et les bâtiments fouillés.
Questions fréquentes
- Où se situait l’épicentre du séisme ?
- Le Service géologique colombien l’a localisé à San José del Palmar, dans le département occidental du Chocó.
- Quelle magnitude les autorités ont-elles retenue ?
- Les services géologiques colombien et américain ont tous deux mesuré une magnitude de 7,4.
- Quelles villes ont subi les dégâts les plus graves ?
- Des effondrements ou des dommages structurels majeurs ont notamment été signalés à Cali, Pereira, Quibdó et Manizales.
Sources
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