Diplomatie onusienne
À l'approche du vote au Conseil de sécurité, le Luxembourg observe une course Asie-Pacifique resserrée et un duel à trois en Europe
Le 3 juin, l'Assemblée générale des Nations unies élit cinq membres non permanents du Conseil de sécurité, et deux scrutins inhabituellement disputés concernent directement le vote luxembourgeois.

Lorsque l'Assemblée générale des Nations unies se réunira à son siège new-yorkais le 3 juin 2026, elle élira cinq membres non permanents du Conseil de sécurité pour des mandats de deux ans débutant le 1er janvier 2027. Pour le Luxembourg, État membre de l'ONU disposant d'une seule voix dans l'enceinte, le scrutin revêt un enjeu inhabituellement direct : deux des courses de cette année sont réellement disputées, et l'une d'elles se joue au sein même du groupe régional auquel appartient le Grand-Duché.
Ce qui se décide le 3 juin
Le vote, organisé durant la 80e session de l'Assemblée, pourvoit les sièges laissés vacants par cinq membres sortants dont le mandat s'achève le 31 décembre 2026 : la Somalie, le Pakistan, le Panama, le Danemark et la Grèce. Les cinq places à pourvoir sont réparties entre les groupes régionaux de l'ONU : une pour le groupe africain, une pour l'Asie-Pacifique, une pour les États d'Amérique latine et des Caraïbes (GRULAC) et deux pour le Groupe des États d'Europe occidentale et autres États (GEOA, ou WEOG).
Deux de ces sièges sont pratiquement acquis. Le Zimbabwe se présente sans concurrent pour le siège africain, et Trinité-et-Tobago est sans opposition dans la course du GRULAC. L'élection requiert néanmoins une majorité des deux tiers des membres présents et votants, soit environ 125 voix, de sorte que même les candidats uniques doivent franchir un seuil élevé.
Une course Asie-Pacifique soudainement resserrée
Le scrutin qui attire le plus l'attention oppose les Philippines au Kirghizistan pour le siège Asie-Pacifique. Manille a longtemps fait figure de favorite, mais le rapport de forces s'est modifié au cours du week-end écoulé. Selon Asia Times, dans un article daté du 30 mai 2026, une poussée tardive et déterminée du Kirghizistan a transformé une compétition jadis routinière en un affrontement serré entre un candidat indo-pacifique et un candidat eurasien.
Le même article décrit les lignes diplomatiques désormais dessinées derrière chaque candidature : les Philippines sont soutenues par les États-Unis, tandis que le Kirghizistan est appuyé par la Chine et la Russie et a obtenu le soutien de l'Organisation de la coopération islamique. L'issue dépendra de la coalition capable de réunir les deux tiers nécessaires de l'Assemblée.
La position du Luxembourg
Le Luxembourg n'est pas resté spectateur. Lors d'une visite à Manille rapportée le 18 février 2026, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel a publiquement apporté son soutien à la candidature philippine, plaçant ce choix sous le signe de la confiance et des valeurs partagées.
Nous faisons tout ce que nous pouvons pour soutenir la candidature des Philippines… parce qu'il sera important, en cette période difficile, d'avoir au Conseil de sécurité un pays auquel nous pouvons faire confiance.
Le ministre a rattaché ce soutien à la défense des règles internationales, expliquant à ses hôtes que les partenariats comptent quelle que soit la distance.
Il est important de respecter cet État de droit, de se battre aussi, et d'avoir des partenaires, même à 10 000 kilomètres, qui partagent les mêmes valeurs.
Un duel à trois entre partenaires de l'UE
Plus près de ses frontières, le vote luxembourgeois pèse également sur une compétition interne à son propre groupe. Les deux sièges ouverts du GEOA sont convoités par trois partenaires de l'Union européenne — l'Autriche, l'Allemagne et le Portugal — alors que le Danemark et la Grèce s'apprêtent à quitter le Conseil à la fin de 2026. Avec seulement deux places disponibles, l'un des trois candidats européens restera sur le carreau, une issue qui place un État membre comme le Luxembourg en position de devoir choisir entre voisins et alliés.
Pour un petit pays qui a lui-même siégé au Conseil de sécurité, le scrutin du 3 juin rappelle qu'une seule voix peut se situer à la croisée de la rivalité entre grandes puissances en Asie-Pacifique et de la diplomatie quotidienne du bloc européen.
Questions fréquentes
- Quand et où se tient le vote du Conseil de sécurité de l'ONU ?
- Le 3 juin 2026, au siège des Nations unies à New York, durant la 80e session de l'Assemblée générale. Cinq membres non permanents y sont élus pour des mandats de deux ans débutant le 1er janvier 2027.
- Pourquoi ce vote concerne-t-il le Luxembourg ?
- Membre de l'ONU, le Luxembourg dispose d'une voix. Il a publiquement soutenu les Philippines par la voix de Xavier Bettel, et il appartient au Groupe des États d'Europe occidentale et autres États (GEOA), où l'Autriche, l'Allemagne et le Portugal se disputent deux sièges.
- Quelles candidatures s'opposent pour le siège Asie-Pacifique ?
- Les Philippines, longtemps favorites et soutenues par les États-Unis, font face à une poussée tardive du Kirghizistan, appuyé par la Chine et la Russie et endossé par l'Organisation de la coopération islamique, selon Asia Times du 30 mai 2026.
- Combien de voix faut-il pour être élu ?
- Une majorité des deux tiers des membres de l'Assemblée présents et votants, soit environ 125 voix. Même les candidats uniques, comme le Zimbabwe et Trinité-et-Tobago, doivent atteindre ce seuil.
Sources
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