Marché du travail

Luxembourg: 53 demandes de chômage partiel obtiennent un avis favorable pour juin

Le chiffre prévisionnel signale une pression dans certaines entreprises, mais l'utilisation réelle ne sera connue qu'après les décomptes transmis à l'ADEM.


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Une table de réunion avec ordinateurs portables, graphiques imprimés et documents professionnels examinés par des collègues.
Les demandes de chômage partiel pour juin signalent une pression persistante dans une partie du marché du travail luxembourgeois. Photo d'illustration.Photo: Thirdman / Pexels

Le Comité de conjoncture a rendu un avis favorable sur 53 demandes de chômage partiel pour juin 2026, sur 58 dossiers introduits par des entreprises. Ces demandes pourraient concerner jusqu'à 2 776 emplois équivalent temps plein, contre 2 442 le mois précédent.

Ce chiffre signale une pression, mais ce n'est pas le nombre définitif de salariés qui travailleront effectivement moins. Le comité rappelle lui-même que les demandes sont prévisionnelles. L'utilisation réelle ne peut être évaluée qu'après coup, lorsque les entreprises transmettent à l'ADEM le décompte des heures réellement chômées.

Ce que le comité a examiné

La réunion s'est tenue le 26 mai sous la présidence du ministre de l'Économie, Lex Delles. Le comité a d'abord analysé la situation conjoncturelle nationale et le marché du travail d'avril 2026, avant d'étudier les demandes de chômage partiel pour juin. Parmi les 53 avis favorables, 37 relèvent de difficultés économiques conjoncturelles, neuf d'une source structurelle liée à un plan de maintien dans l'emploi, et sept d'un lien de dépendance économique.

La décision finale appartient au Conseil de gouvernement. L'avis du comité est donc une étape dans un mécanisme mensuel destiné à maintenir l'emploi lorsque l'activité d'une entreprise ou d'un secteur faiblit.

Pourquoi le chiffre prévisionnel doit être lu avec prudence

Le chômage partiel est souvent résumé par le nombre de demandes ou par le maximum d'emplois potentiellement concernés. Cette présentation peut donner une image trop large de la réalité. Pour février 2026, 51 demandes prévisionnelles avaient reçu un avis favorable. Lors du bilan ultérieur, 29 entreprises avaient effectivement utilisé la mesure, et 26 décomptes clôturés faisaient apparaître 792 salariés ayant réellement chômé, soit 160 emplois équivalent temps plein.

Le coût pour le Fonds pour l'emploi s'est élevé à 581 605 euros en février, contre 525 525 euros en janvier. Les heures réellement chômées déclarées atteignaient 27 604, contre 28 805 le mois précédent. Ces données montrent pourquoi le chiffre de juin doit être compris comme un plafond possible, pas comme une mesure de l'impact réel.

Comment fonctionne la mesure

Selon le cadre présenté par Guichet.lu, les entreprises doivent introduire leur demande à l'avance via MyGuichet.lu, en principe au plus tard le douzième jour du mois qui précède la période demandée. Le Comité de conjoncture analyse le dossier et transmet son avis au gouvernement. Si la demande est autorisée, l'entreprise doit renouveler la procédure chaque mois et déclarer ensuite les heures effectivement non travaillées.

La mesure n'est pas une subvention sans conditions. Pour le chômage partiel conjoncturel, l'entreprise doit être établie au Luxembourg, relever d'un secteur déclaré en crise par le gouvernement et s'engager à ne pas licencier pour raisons économiques. Pendant la période couverte, l'État rembourse à l'employeur l'indemnité liée aux heures chômées, dans les limites prévues par la loi.

Un marché du travail contrasté

Ces avis favorables interviennent dans un marché du travail qui n'est ni en rupture brutale ni pleinement détendu. Les données d'avril de l'ADEM situent le taux de chômage corrigé des variations saisonnières à 6,3%. RTL Today, sur base des chiffres de l'ADEM, a rapporté 20 140 demandeurs d'emploi résidents disponibles à la fin avril, soit 8,3% de plus qu'un an plus tôt.

Cette combinaison est importante. Un taux stable suggère qu'il n'y a pas eu de choc mensuel soudain. Mais la hausse du nombre de demandeurs d'emploi, ajoutée aux demandes récurrentes de chômage partiel, indique que certaines entreprises restent confrontées à une demande plus faible, à des restructurations ou à une dépendance sectorielle.

Le prochain indicateur utile

Le chiffre à suivre ne sera pas seulement le nombre de demandes pour juillet. Il faudra surtout regarder combien de dossiers de juin seront réellement utilisés, combien de salariés auront réduit leurs heures et combien le Fonds pour l'emploi paiera après les déclarations. Ces données diront davantage sur l'impact économique réel que les avis favorables initiaux.

La prochaine réunion du Comité de conjoncture est prévue le 24 juin. D'ici là, les avis favorables pour juin doivent être lus comme un signal d'alerte plutôt que comme un verdict: assez d'entreprises s'inquiètent pour demander un soutien, mais l'ampleur réelle du chômage partiel ne sera visible que plus tard.

Combien de demandes ont reçu un avis favorable?
Le Comité de conjoncture a donné un avis favorable à 53 demandes sur 58.
Les 2 776 emplois sont-ils déjà au chômage partiel?
Non. Il s'agit d'un maximum prévisionnel, pas de l'utilisation réelle.
Qui décide définitivement?
La décision finale appartient au Conseil de gouvernement après l'avis du comité.

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