France · présidentielle 2027

La cour d'appel de Paris allège l'inéligibilité de Marine Le Pen, qui pourra se présenter en 2027

Les juges ont confirmé la condamnation de la dirigeante d'extrême droite pour détournement de fonds, tout en réduisant sa peine d'inéligibilité – et en assortissant le tout d'un an de détention à domicile qu'elle entend contester.


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La façade de pierre et la grille dorée fermée de la cour d'appel de Paris, sur l'Île de la Cité, au crépuscule.
La cour d'appel de Paris, qui a confirmé le 7 juillet la condamnation de Marine Le Pen pour détournement tout en allégeant son inéligibilité. Image d'illustration.Illustration générée par IA — Étude

Marine Le Pen pourra finalement briguer l'Élysée en 2027. La cour d'appel de Paris a confirmé mardi la condamnation de la présidente du Rassemblement national pour détournement de fonds du Parlement européen, mais elle a recomposé la peine qui l'accompagnait : la privation du droit d'éligibilité, qui la tenait encore l'après-midi même à l'écart de la course pour succéder à Emmanuel Macron, a été suffisamment réduite pour ne plus faire obstacle.

La décision rouvre l'une des questions cardinales de la vie politique française. Lorsqu'un tribunal l'avait condamnée en mars 2025 à une inéligibilité de cinq ans assortie de l'exécution provisoire, le verdict avait semblé sceller le sort de la candidate qui, en 2022, s'était le plus approchée du pouvoir. Quinze mois plus tard, la juridiction d'appel lui rouvre un chemin.

Ce que dit l'arrêt

Les juges ont confirmé le fond du dossier : entre 2004 et 2016, Marine Le Pen et son parti avaient employé des sommes destinées aux assistants parlementaires européens pour rémunérer des collaborateurs du Rassemblement national en France. Une amende d'environ 100 000 euros a été maintenue.

L'inéligibilité, elle, a été refondue : quarante-cinq mois, dont trente assortis du sursis. La part restante a été datée du jugement initial de mars 2025 – et se trouve donc, en pratique, déjà purgée. Selon ce calcul, Marine Le Pen redevient éligible.

L'arrêt n'a pas pour autant effacé la sanction. La cour a également prononcé une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis, laissant un an à exécuter sous le régime de la détention à domicile avec bracelet électronique – une condition dont l'intéressée avait dit qu'elle rendait toute campagne impossible.

Une candidature annoncée, un pourvoi engagé

Sur ses intentions, elle n'a laissé planer aucun doute. "Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle", a déclaré Marine Le Pen mardi soir, revenant sur son avertissement antérieur.

"Ma décision a été prise très vite, puisque j'avais indiqué que je ne ferais pas campagne avec un bracelet électronique."

La sortie de cette contradiction passe par la plus haute juridiction française. Marine Le Pen a annoncé qu'elle se pourvoirait en cassation ; comme ce recours suspend la peine jusqu'à la décision, elle n'aurait dans l'intervalle pas à porter le bracelet pendant la campagne. Le dernier mot, sur la condamnation comme sur sa liberté de mouvement, revient désormais à une cour qui pourrait mettre des mois à statuer.

Ce qui se joue pour 2027

Le premier tour de la prochaine présidentielle est fixé au 18 avril 2027, le second au 2 mai. Emmanuel Macron, dans son second mandat, ne peut se représenter : le champ est inhabituellement ouvert. À 57 ans, trois fois candidate, Marine Le Pen demeure l'une des figures les plus installées du paysage politique et une favorite constante des premiers sondages.

Son camp avait prévu l'autre hypothèse. Jordan Bardella, président du Rassemblement national âgé de 30 ans, était préparé de longue date au rôle de candidat de remplacement et a confirmé qu'il se présenterait à sa place si elle était écartée – tout en assurant vouloir que Marine Le Pen puisse elle-même concourir. L'arrêt de mardi range, pour l'heure, ce plan de succession.

  • Condamnation confirmée, amende d'environ 100 000 euros maintenue.
  • Inéligibilité ramenée à quarante-cinq mois, dont trente avec sursis et le reste antidaté.
  • Un an de détention à domicile sous bracelet, suspendu par le pourvoi.
  • Pourvoi en cassation annoncé ; Bardella reste le candidat de secours.

Une institution européenne au cœur du dossier

Si l'affaire est un drame français, son objet est de l'argent européen. Les fonds en cause étaient des enveloppes destinées aux assistants du Parlement européen, dont le secrétariat général siège à Luxembourg. Le dossier s'inscrit dans une longue série où les ressources propres du Parlement sont devenues la matière de scandales nationaux, et il alimente un débat plus large sur la rigueur avec laquelle l'institution contrôle les sommes versées aux élus et à leurs collaborateurs.

En France, les réactions ont été immédiates et se sont ordonnées selon des lignes connues : les adversaires mettant en garde contre l'idée qu'une peine ait pu être adoucie au bénéfice d'une candidate de premier plan, l'entourage de Marine Le Pen présentant le long feuilleton judiciaire comme une tentative de l'écarter du scrutin. Une seule certitude demeure : elle entend y figurer.

Marine Le Pen peut-elle se présenter en 2027 ?
Oui. La cour d'appel a réduit son inéligibilité au point qu'elle est, en pratique, déjà purgée, ce qui la rend éligible pour la présidentielle de 2027.
Sa condamnation a-t-elle été annulée ?
Non. La cour a confirmé la condamnation pour détournement de fonds du Parlement européen et l'amende d'environ 100 000 euros ; elle a modifié les peines, non le verdict de culpabilité.
Que prévoit la détention à domicile ?
La cour a prononcé un an de détention à domicile sous bracelet électronique. Le Pen se pourvoit en cassation, ce qui suspend la peine : elle ne porterait donc pas le bracelet durant la campagne pour l'instant.

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